Méthode et limites
Une comparaison utile exige des projets bien définis, des sources traçables et des limites explicites.
Ce que le rapport étudie
Les tableaux de bord permettent d’examiner les mêmes groupes et leurs limites, plutôt que de comparer des mesures de périmètres différents. Explorer les résultats interactifs.
Le rapport examine les problèmes de réalisation de 30 projets canadiens : 26 dans la période de 1996 à 2026 et 4 projets historiques de comparaison. Parmi les projets examinés, 22 ont été livrés ou sont en exploitation. Les autres projets restent pertinents pour l’analyse documentaire des décisions, des droits, des contrats et de la réalisation.
Deux groupes de projets livrés permettent de comparer les résultats : 10 projets avec des coûts comparables et 12 projets avec une date cible documentée. Ces groupes se recoupent, mais ne sont pas identiques.
Pour les critères de sélection plus larges du centre, consultez la page de recherche du centre SPICE.
Comment les documents sont examinés
Définir les projets
Un projet situé entièrement ou en grande partie au Canada est un mégaprojet si son coût déclaré atteignait au moins 1 milliard CAD à la décision de construire ou, pour un projet jamais construit, à sa proposition formelle. Un projet sous ce seuil, ou sans coût déclaré, est aussi retenu s’il avait des conséquences nationales ou régionales documentées et une grande complexité technique, d’intervenants ou de compétences. Le rapport examine 30 projets choisis en deux groupes de 15 : l’un par des sources officielles et des sources de propriétaires, l’autre par la littérature scientifique. Ce groupe ne constitue pas un échantillon représentatif de tous les projets canadiens.
Examiner les sources
Le dossier de chaque projet est constitué à partir de sources classées par ordre de priorité : d’abord les commissions d’enquête, les vérificateurs généraux, le directeur parlementaire du budget, les organismes de réglementation et les tribunaux; ensuite les rapports des propriétaires et des gouvernements; puis les études évaluées par les pairs; les reportages ne servent qu’à combler des lacunes, avec la source nommée. Les affirmations sont reliées à leurs sources.
Documenter les problèmes
Chaque combinaison de projet et de problème est examinée selon la même règle. Une faiblesse de gouvernance seule ne suffit pas à établir un effet sur la réalisation.
Comparer les résultats
Les comparaisons de coûts et de délais portent sur les projets livrés dont les documents permettent de comparer le même périmètre ou jalon.
Interpréter avec prudence
Les problèmes récurrents sont rapprochés de réponses possibles. Les associations ne prouvent pas une cause, et les dossiers non résolus restent distincts des constats documentés.
Ce que les résultats permettent de dire
Les 30 projets et les 14 types de problèmes forment 420 combinaisons à examiner. Le rapport distingue les problèmes documentés, les partenariats constructifs, les combinaisons sans preuve admissible, les cas hors périmètre et les 30 combinaisons non résolues. Un problème non documenté n’est pas nécessairement absent.
Les résultats décrivent ce groupe de projets. La fréquence des problèmes dépend aussi des documents disponibles. Elle ne permet pas de calculer un taux national, ni d’attribuer tous les dépassements de budget à une seule cause.
Limites des preuves
Le rapport signale plusieurs limites, dont les trois suivantes.
- Les auteurs ont codé eux-mêmes les problèmes, à partir des documents publics et après avoir connu les résultats. Le rapport propose qu’un second examinateur, qui ne connaît pas les résultats, refasse le codage.
- La documentation est la plus riche là où les projets ont connu des difficultés. Le dossier des 30 projets penche donc vers la difficulté, et un faible nombre peut refléter moins de documentation autant que moins de problèmes.
- L’association entre le nombre de types de problèmes documentés et la variation des coûts repose sur 10 projets livrés avec des coûts comparables. Un groupe de 10 projets ne peut pas établir une cause.
Prochaines étapes
Le chapitre 9 du rapport prévoit quatre étapes.
- Compléter les preuves pour les 30 projets dans la mesure où les documents publics le permettent, avec un second codage indépendant des problèmes de chaque projet par un examinateur qui n’a pas vu les résultats de coûts et de délais.
- Étudier en profondeur la ligne Valley Line West d’Edmonton, au moyen de documents et d’entrevues avec le propriétaire, les constructeurs et d’autres parties.
- Créer un registre public des mégaprojets canadiens qui consigne les références, les résultats et les leçons à mesure que les projets avancent.
- Collaborer avec les propriétaires et les gouvernements pour mettre cette feuille de route à l’essai sur des projets actuellement en planification.